Diverses nouvelles



Auteur : Gabriel
Genre : " Les morts n'étaient pas encore là, les absents étaient supposés vivants. "

La roulée du Diable

Il n'est pas prévu que la vérité arpente les murs. Cette nuit, After, sauf que pour changer, personne ne vient. Abandonnée et désincarnée, je suis la seule, à pleurer. Oh s'il te plait, mon prince, observe mes seins qui touchent ta bouche - Pour toi, j'en pince. Sauna, jacuzzi, voilà qui est bien assez pour les paparazzis. « Chapeau aux doigts de fée » Conte l'ange extasié. Entre la mort et les fascistes, je rejoins mon appart'. Le joint, la came et l'odeur âcre du cannabis. J'ai la tête qui tourne et les yeux rouges. Ma main tremble, je suis maudite par le Valium. Mon spliff a disparu. Je voudrais une bonne douche d'inceste ou du moins, sentir l'effluve des enfants froids qui accélèrent mes battements.
Méfiante et mélancolique. J'aperçois un garçon triste, cheveux courts, T-shirt destroy et slim en cuir noir. Son corps est à l'effigie des spectres ancestraux. Je peux voir à travers lui, je veux dire, il est totalement transparent. Je suis déconcentrée par son visage, il disparaît pour laisser place à un de mes vases IKEA. Le jeune homme porte le pétard à ses lèvres, puis, expire la fumée en de jolis petits carrés parfumés. Roucoulement.
Perdue dans l'abîme des rimes, je me contente d'avouer « Toi, qui est allongé sur mon sofa, comment peux-tu renifler dans cet état de... non-être ? Je croyais que les morts n'étaient pas encore là.
- Pauvre, pauvre, petite fillette. Les absents sont supposés être vivants.
- Scélérat. (Qu'est-ce qu'il raconte ?)
- Cette envie... elle me liquéfie. » Une taf. Un rictus. Ricanement
A l'écart, en position du Lotus et les yeux clos. Je joins mes mains pour prier un Dieu aboli. Je marche sur les sentiers que bordent les désolés car ceci est la dernière bataille, la dernière guerre. Force est de constater que le renard est devenu blanc de rails mais de nous deux, qui est le plus fragile ? Le drapeau aux couleurs hypocrites est maintenant dressé. Nul besoin de mots.
Silence.

Ah ! ma poche vibre. Je fais glisser le clapet Samsung « Non ?
- La mort te guette, elle te réduira en miettes.
Frigorifiée, je rétorque. - Sont-ils décédés ?
- Seulement supposés vivant. L'esprit joue avec le fixe, il est au bout du fil.
- J'ai déjà entendu cette tirade, la grande sagesse, drogue des Hommes. 
- L'étoile levante. » Au loin, mes ongles se brisent.

Auteur : Gabriel
Genre : Aucun

Les entrailles de l’Ange

Samouraï des profondeurs abyssales, tu as sorti ta lame, pour que moi, ta dame, puisse séduire tes mailles. « Mélancolique, réveille-toi. Ne sombre pas dans le néant colérique.
- …
- Japon féodal, ère aux crocs affamés. Clown cannibale, te voilà rassasié. Ecrivain pauvre en écriture, aux loups et en pâture. Le temps réduit l’épaisseur du clou.
- …
- Toi, qui seras un jour prince ou roi. L’étoile souriante, ma main saisit ta voile criante. A tes côtés, je chante pour l’éternité. Je trouve la mort compatissante lorsque je ris par malheur.
- Un crâne ?...
- Non pas que je t’aime plus que je te hais, mais pour moi il ne s’agit que de la mélodie des dépravées. Il n’est pas encore l’heure que tu meurs car, les oiseaux de pluies ont recouverts les mœurs. Pestiféré des nuits, je suis contrainte, en crainte des rituels vaudous.
- Votre chant est miséricordieux…
- Je dois te faire un aveu. De la même façon que je rêve de me raser la tête. Danse, la fête bat son trop plein d’hydromel. Je ne sais pas encore si je veux caresser ta crinière. Si c’est pour jouer la Mère, il me faudra faire un conte vide de sentiments. La mallette ordinaire est dénuée de vocabulaires.
- Un, deux, trois…
- J’en ai fini, ta future fille sera comme une fée. »


142 – Lettre pour une insomnie.


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Auteur : Gabriel
Genre : Post-apocalyptique

La guitare du pendu

Où sont les filles, les putes et le bordel ? Où est mon déjeuner, l'allumette et ma dernière cigarette ? Où est la danse, mon ami, le temps et la transcendance ? Où vont les vers, les poètes, les Satanistes et les églises en miettes ? 

Et moi, je suis seul car, là, et las, les petits meurtres en série ne sont plus que des artifices. Bal masqué des damnés. Le loup guette le nu et s'arrête. Bête aux caprices de pucelle. C'est dans les bois endormis que tu fais ton lit, pendant que fonctionne le tricorne du désespoir mélancolique. Une histoire, des lyriques. Mon œuvre, ma peau. Pauvre de mots, il suffit pourtant d'un battement de cils pour que moi, fort en désarroi, meurt d'apaisement volé au sexe des riches despotes pornographes. Serpent des orgues et, au piano maléfique. Il est de ces héros que tu ne sais conter. Je ne peux tirer la langue, je l'ai coupée. Encore une souffrance qui part en fumée. Je ne sais pas pourquoi tu as crié, alors j'ai pleuré et tu as hurlé, encore. Des déchets aux dames, l'agonie aux femmes. Il a suffi d'une fois pour que je sois roi, et toi, l'arrière d'un rythme pour cracher au violon. Mais tu sais, parfois je chante, parfois je médis. Cette saveur d'Arlequin que j'engloutis. C'est donc avec aisance que je te maudis.

L'imperfection me trahit.

Je souhaiterais que cela se termine, si seulement cela avait commencé.

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Auteurs : Gabriel (paragraphe 1 et 3), Raven (paragraphe 2, 4 et 5)
Genre : La perte d'un être malfamé. 
Catégorie : Diverses nouvelles

Les mille et un bonbons


Je me rends à un distributeur, j’insère une pièce pour y gagner un jus de fruit. Après avoir enfoncée la paille dans le trou fait d’aluminium, je le sirote tranquillement en regardant les passants de Wall Street. Lorsque l’on prend la peine de s’arrêter, on peut y voir plusieurs choses. La toute première c’est qu’il n’y a pas une seule personne qui prend la peine de regarder son voisin, sauf si celui-ci sort du moule, comme ce jeune homme vêtu de longs cheveux argentés et d’un kimono rouge clinquant. Ensuite que nuls ne sait où il va. Je ne vois que des vagabonds qui marchent à toutes allures. Je jette la boîte vide dans une poubelle proche et à mon tour, je voyage à travers les gens, les évitant un par un et manquant de tomber à plusieurs reprises dû aux coups de coudes. Une fois sous le pont principal de la ville, je m’assois sur la bordure. Je sors un peu de tabac et une feuille de ma poche pour faire une roulée. Un punk-à-chien s’approche rapidement. C’est un jeune. Il me demande si je peux lui fournir une cigarette, je refuse. Alors il colle sa tête à la mienne en jurant sur ma mère que si je ne lui en donne pas, il me « fracassera » - Pour reprendre ses termes. -, je décline une seconde fois sa proposition de me taxer. Il place une main dans sa poche, la retire immédiatement, armée d’un poing américain doré. De manière instantanée je jette ma clope au visage de l’agresseur pour l’aveugler une demi-seconde et ainsi riposter d’un coup de pied sauté en plein visage. A terre, et l’arme au loin, je reprends la roulée encore allumée pour poser le bout brûlant sur son front. Il hurle, je souris. On prend vite goût au sadisme, surtout quand la proie est désarmée. Je le laisse s’enfuir, il a maintenant une vraie cicatrice de combat. On dit que l’on ne peut mourir sans cicatrices. D’ailleurs les vikings pouvaient atteindre le Valhalla seulement si ils mourraient de manières violentes. D’un geste je retire mon T-Shirt Jack Daniel’s, je recoiffe mes cheveux courts de façon à leurs donner un air ébouriffé. Je sors mon ipod, place les oreillettes à leurs places. Ils m’envoient Dieu a entendu ta souffrance mais jamais il ne te pardonnera. A la supérette la plus proche je commande une bouteille de vodka pour treize euros cinquante. Je cache la bouteille dans un sac plastique, ce qui est pratique car cela fait un sac pour boire, et pour vomir. Ce soir je me fais péter le caisson. Après une gorgée, j’hésite à me faire un fix. Et puis merde, pourquoi pas. De mon sac, je sors une seringue et un coton que je place sur l’embout pour filtrer ce qui n’a pas été dilué. Je tapote mes veines, j’insère l’aiguille dans l’une d’elle. Et c’est parti pour le voyage. Je suis en plein orgasme, un orgasme qui dépasse le sexe. Bon, le seul regret lorsque l’on se défonce à l’héroïne c’est que l’on devient constipé. Ca fait maintenant trois jours que je n’ai pas chié. Allongé, je sniff le bien-être. La Casanova des plaisirs. Passé les six heures non-interrompus au sommet de l’extase, je me relève. Encore béat, il y a une jeune fille qui se pointe. Cheveux en queue de cheval, décolleté noir, slim en cuir rouge, je la regarde. Elle me fixe. Je tends le sachet en plastique, elle le saisit d’un coup sec pour vomir dedans.

Après un consciencieux bain de bouche dans sa grande salle d’eau en marbre noir, elle put ouvrir la bouche sans menacer de gerber à nouveau. Nous fîmes connaissance, elle ouvra son bar. Il a une sacrée gueule son bar : chic comme c’est presque pas permis. Les murs sont tapissés de moquette noire sans une once de poussière, on dirait qu’elle a été posée la veille. Le sol est en carreaux de marbre noir, les bouteilles scintillantes s’alignent, toutes très fières derrière le bar en marbre noir (elle aime vraiment le marbre noir). Nous décidâmes d’un regard que son estanco resterait fermé aux clients pendant encore une petite heure. Elle tira les rideaux et moi, je tirai quelques bouteilles de la réserve.
— Pour une fois, tu vas être de l’autre côté du bar, lui dis-je en l’invitant d’un geste à s’installer sur un de ses hauts tabourets.
— Oh, tu as des choses à me montrer ?
— Si tu savais, rétorquai-je l’air moqueur, moi aussi j’ai quelques tours dans ma manche.
Je fis danser deux verres et deux bouteilles en l’air, et bien que mes réflexes furent émoussés par le reste d’héro qui me courait dans les veines et faisait palpiter mon cerveau, je parvins à reposer le tout sans une fausse note.
Premier service. Lorsqu’il s’agit de partir vite, on prend le TGV. Lorsqu’il s’agit de partir loin, on ne prend pas un verre à shoot. Aussi optai-je pour deux verres, grands et larges, dans lesquels je versai les trois alcools blancs en proportions égales.
On les descendit net. Je grimaçai, elle rit. 
— Je connais, je suis barmaid quand même, me fait-elle remarquer.
— D’accord…
Deuxième service. J’avais pour moi la grande fierté d’avoir vécu en Russie pendant quelques années, j’y avais découvert de nombreux plaisirs nouveaux. Parfois au prix de moqueries que je séchais avec sérénité, le temps de descendre une « shtof » (et me lever fièrement, ce qui n’était pas toujours une affaire évidente), ce qui me valait de la part des Russes des regards emplis de toute leur considération. Ce jour, je peux vous affirmer une chose : jamais je ne volai de recette en Russie car toujours, elles furent payées chèrement — je fis la richesse de maints tenanciers fort respectables, n’en déplaise aux rades de New York (que j’ai fréquentées, hélas) qui puent la bière et la sueur de rustre.
Nulle expérience ne permet d’éprouver la résistance du foie et du cœur d’un être que le grand rite alcoolisé de Russie. Je sortis donc les vingt verres rituels (dix chacun) et les posais à distance égale sur le marbre noir. Ils furent remplis en vingt-cinq secondes, sans une goutte gâchée — mes années de pèlerinage m’ont fait respecter chacune d’elles — et nous nous adonnâmes aux plaisirs de la petite eau.
On les descendit net. Elle grimaça, je ris.
— C’est mesquin, dit-elle simplement.
— Si efficace.
— Dans ce cas, je vais te faire goûter une recette de la maison.
Elle se laissa glisser de mon côté du bar et empoigna quelques flasques. Je la regardai attentivement : elle ne tentait pas de cacher ce qu’elle faisait. 
Troisième service. Elle fit chanter de la belle eau-de-vie à trente-huit degrés dans deux grands verres — oui, trente-huit, car les recherches du grand Dimitri Mendeleïev nous affirment que c’est à trente-huit degrés qu’elle doit titrer, ni plus, ni moins — et elle ajouta dans les récipients de la crème de banane et un peu de jus d’oranges fraichement pressées. Pour finir, elle déposa délicatement un peu de sirop de grenadine sur le dessus.
— Mais je le connais celui-là, c’est…
— Silence ! me coupa-t-elle avec hargne. La touche finale, tu connais pas…
Elle fila vite et revint avec du… « sucre ».
— Une pincée de sucre ? raillai-je.
— Ferme-la bordel ! Bois plutôt.
Elle dessina un cercle avec la poudre sur la grenadine de chaque verre. Nous allâmes nous installer dans un box, sur les canapés confortables. Nos verres furent levés et nous trinquâmes. À la fortune. Nous bûmes sec.
Je ne lui avais pas demandé quel était son petit ingrédient mystère mais quand je vis sa pupille tant se dilater que je ne discernais plus qu’un cercle du bleu électrique de son iris, quand je sentis mon cœur palpiter furieusement dans ma poitrine, j’avais compris à quel point le voyage allait être fascinant. J’aime les aventures ludiques où l’on entend les couleurs.

Mon portable sonne. Face à la fille, je décide de ne pas répondre. J’ai pour sonnerie Dressed to depress. Je m’approche d’elle pour l’embrasser. Ma poche arrière vibre, je laisse tomber le baiser pour répondre. C’est mon dealer. Je lui explique que je ne suis pas chez moi.
— Pas grave, Yuri. Dis-moi juste où tu es, mon pote.
Je place une main sur le clapet, réfléchis un instant. Je regarde à travers la fenêtre pour apercevoir un panneau indiquant que l’on est à Central Park. Il arrive dans un quart d’heure. Le mélange alcool-héroïne n’est pas conseillé, je vois trouble. Je pose une main sur ma tête pour la faire gesticuler de haut en bas. La fillette a pris l’allure d’un zombie. Je bave abondement.
— Hey, c’est pas Adamovitch là-bas ? que je fais.
Je remue la main comme pour dire « du balai ! » puis je continue en disant :
— Arrête, Svetla, tu débloques.
Le cadavre pourri de la nana me tend un grand verre de substance bleutée, avec quelques glaçons. Je le saisis et je sens que mes yeux tentent de s’échapper de mes orbites. Par impulsion, je jette le cocktail contre le mur tapissé. La sonnette résonne. Priant ma nouvelle amie de me laisser ouvrir la porte, je vois Jake. Jake était tout le contraire du type propre. Cheveux longs et gras, mal rasé, un tee-shirt avec le symbole du cannabis et un jean craquelé de partout, avec quelques taches de sang dessus. Je lui passe deux billets de cinquante, il me tend deux grammes de coke assez pur pour faire grimper le plus obèse des habitués du Mac Do au plafond. J’avais confiance en lui. Je le raccompagne à son cabriolet noir, claque la porte et me rends à la salle de bain. Je passe cinq minutes à m’admirer dans les miroirs en abondance. Je regarde mes dents blanches et carnassières. Je dépose la came sur la cuvette des chiottes pour me sniffer deux grosses lignes. De retour devant le bar, j’observe la mort-vivante. Nous jouons à nous fixer l’un l’autre. Un ange passe.

C’est ainsi que j’eus sans doute l’idée du siècle, déjà trouvée par quelques esprits tout à fait exceptionnels dans la noosphère de l’humanité folle… Mais avant, il me faut expliquer comment étais-je sorti d’une overdose de substances diverses et parfois incompatibles. J’avais fini par déchanter car ce jour-là, j’avais presque réussi à me crever. Nous étions arrivés à l’hôpital trois heures après que les plus fidèles clients de ma barmaid préférée nous aient découverts, en train de saccager le bar sous les effets des mille et une sucreries que nous nous étions promis de tester, pour le meilleur et pour le pire, dans la joie et la tristesse, dans la santé et la maladie — jusqu’à ce que la mort nous sépare.
J’appris donc sur le lit tout blanc que ma compagne de jeu s’appelait Temnyle. Ça devait être un signe. C’était « la Sombre », en russe, rien de tel pour aller avec « la Lumière » macédonienne… Soudainement, on me tira de mes pensées :
— Monsieur… ? que fit le médecin sans même me dire bonjour.
— Svetla. Mais pour vous, ça sera Svetla d’Ohrid. Vous me connaissez peut-être ?
— Oui.
— Et donc, entre simples êtres humains de même composition, vous manquez à ce point de respect envers vos patients ? Encore plus quand ils sont commandeurs de l’ordre national du Mérite ou garants d’une amitié solide entre votre État et la Fédération de Russie ? lui demandai-je tranquillement.
— Je n’en ai pas pour les junkies de votre espèce, grogna-t-il en jetant son bloc en carton où se trouvait ma fiche médicale avant de tourner les talons et partir.
Je souris et le trouvai courageux. Récupérant mes affaires dans le placard, je fis signe à Temnyle de faire de même. Nous sortîmes un peu usés mais sans problèmes : ce stupide médecin était trop ravi de me laisser sortir, avec un peu de chance, j’allais me faire tuer par un ambulancier un peu zélé juste avant la sortie. Ou juste après, pour ne pas devoir faire face à son irresponsabilité.
— On retourne chez moi, dit Temnyle, il faut dormir.
J’opinai du chef et nous fîmes comme cela. Deux jours plus tard, nous mangions à nouveau normalement après un régime constitué d’eau et de sommeil — pour ma part, j’avais véritablement fondu et me sentais faible comme jamais. Soudainement, je repensai au médecin. Je pris mon portable pour appeler Jake. Il laissa sonner deux fois et répondit.
— Hey, Yuri. Déjà ? me demande-t-il étonné.
Il était doué pour faire passer la came de main en main mais il n’avait pas fait l’école du commerce. Jake s’était arrêté après un bac technologique sans intérêt en fait, obtenu à 10,2 en plus. Mais cela ne l’empêchait pas d’être quelqu’un de débrouillard, s’il fallait que je trouve quelque chose ou quelqu’un, c’était bien lui qu’il fallait appeler. C’était un bon plan Jake : un vrai roublard, mais pas trop fute-fute.
— Il faut que tu me trouves quelqu’un pour un service tout à fait spécial, annonçai-je.
Je lui donnai un prétexte bidon mais similaire au problème qui me tourmentait, on est jamais trop prudent, je ne tenais pas à ce que quelqu’un achète des infos à Jake, parce que roublard comme il était, il pouvait vendre chaque mot que je lui disais pour une poignée de billets.
— Pas de problème, qu’il me dit alors. Je te rappelle dans une heure et je te file le contact.
Une heure plus tard, j’avais le contact au bout du fil. Je proposai un rendez-vous mais il refusa (un bon gars). Donc finalement, je lui donnais mes instructions par téléphone.
Avec Temnyle, nous prîmes quatre jours à la retape complète de son bar. Quand ce fut enfin fini, les clients furent plus nombreux qu’avant, selon Temnyle ! Beaucoup lui manifestèrent leur soutien et on accueillit avec plaisir le nouveau barman : « t’as enfin trouvé quelqu’un ! » se ravissaient certains habitués en me voyant à l’œuvre. Je crois qu’ils n’ont jamais compris que la mise à sac de son bar, c’était nous-mêmes qui l’avions faite — pour une fois qu’on fait quelque chose bien, si en plus, on est même pas reconnus ! Mais c’était sans doute mieux ainsi.

Après le carnage, nous nous sommes promis de ne plus toucher à trop de bonbons explosifs en même temps… Mais parfois, Temnyle et moi profitons des heures creuses du bar pour concocter quelques After Sex (sans le sucre magique qu’elle cachait dans le mur creux de sa réserve) à siroter, et nous en faisons profiter aussi les quelques clients chanceux qui ont, du coup, droit à une tournée gratis.
Quant au médecin qui m’avait tant dénigré à l’hôpital, je l’ai retrouvé grâce à un petit SMS de mon contact qui me dit où le trouver. Jake ne m’avait même pas demandé de commission sur le service que j’avais payé à peine plus cher qu’une baguette de pain. Dans la rue Delèpre alors que la nuit tombait, mon médecin préféré essayait de s’installer sur un banc, enroulé dans des tas de papiers journaux.

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Auteur : Gabriel
Genre : Public averti
Catégorie : Diverses nouvelles
Résumé : Despote de l'alcool, ton heure arrive.


Un dernier verre

J'ai un billet de cinquante euros et l'esprit fragile. Dans un bar, Le Rialto, je demande au barmaid de me servir quinze shooter. Une fois en place, j'en porte un rapidement à ma bouche, puis deux, puis trois – Nous allons aux bois. La porte claque, j'en avale quatre, cinq, six – Cueillir des cerises. Suffisamment lubrifié par l'alcool, je jette un coup d'œil derrière moi, ou plutôt sur la nouvelle arrivante. De petite taille – probablement un mètre soixante, les cheveux longs, en bataille, teint de noir, elle arbore une robe blanche gaspillé par la crasse. Je retourne à mes verres, le temps de boire le huitième, l'homme – Plutôt baraqué, à côté de moi s'effondre sur le bord du bar. Je lève un sourcil, le pensant ivre jusqu'à ce que je vois du sang s'écouler de sa bouche, qui vient se répandre sur mes saintes boissons. Je me frotte les yeux, le fixe, reprend un shoot et j'expire un long soupir. Il n'y a pas un bruit, tout est calme. Un léger coup de vent frôle mon dos, puis, sans avoir à bouger je vois une hachette qui vient s'enfoncer dans la poitrine du barmaid. Il tend un bras, je saisi sa main pour la serrer, ses yeux deviennent dilatés, ses lèvres crachent une vague de sang puis sa tête claque contre les bouteilles, en brisant quelques unes. Plus stupéfait qu'effrayé, je me lève de mon tabouret pour regarder autour de moi. Il y a ce couple de cadavres qui est allongés par terre, une entaille dans le dos pour chacun, la bière renversée, des cendres sur eux et du sang sur les murs. Mon premier réflexe aurait été de fuir si je ne l'avais pas vue. Elle, elle, elle, toujours elle, tapie au fond de la pièce mal éclairée, le pourpre ayant habillé sa tenue. Frissonnant d'excitation, je m'approche. La Dame me jette une longue hache qui siffle derrière mes oreilles. Lorsque l'arme vient se planter sur le mur, il n'y a plus aucun son, j'entends son cou qui craque. Elle s'avance lentement, je ne tiens plus debout, je manque de trébucher alors je la vois qui s'approche comme des flash. Suffisamment près de moi, j'aperçois ses pupilles couleur rouge. Elle me murmure à l'oreille « Tu... en as une jolie cravate. » Je la défais, manquant plusieurs fois de m'étrangler dû à l'alcool qui gangrène mes veines. La cravate était rouge vif, je la lui donne. Elle la passe autour de son cou sans faire le nœud. « Alors, comment ça me va ?
- Je...
- C'est quoi cette drôle d'odeur ? Sa voix est douce et calme.
- La...
- Quoi ? Je n'entends rien, elle passe une main sur mon entrejambe. Ses doigts sont longs et fins.
- La décomposition...
- Je crois surtout que... tu t'es pissé dessus. Elle s'esclaffe, retire sa poigne pour venir l'essuyer sur mes joues. Regarde ce que tu as fait, c'est tout mouillé maintenant. » Mon cœur bat la chamade, j'ai soif, je suis déshydraté. Alors sans réfléchir, je retourne à mes shooter pour boire d'un coup sec les neuf, dix, onze, douze, treize, quatorze, quinze verres. Je vois le radiateur bouger, les murs se balancer, les lampes s'éteindre.

« Alors, on ne tient pas l'alcool ? Je prendrais un cognac barmaid.! » Sorti de nul part, un homme au chapeau melon, les cernes qui s'écroulent sur ses lèvres noires. Il brandit son bras. Puis, vient le tour du barmaid qui se relève. La hachette toujours coincé dans sa poitrine, un sombre liquide s'écoule de ses commissures. Il cherche une bouteille – Pour celles qui restent. Prend un verre et sers un cognac à l'androgyne. « Merci, chef ! Il détourne son regard vers moi. Tu ne prends rien ? C'est moi qui paye. Ah ah ah ah... son rire est glacial.
- Je... ma tête me fait mal.
- C'est normal, après le coup que tu as reçus. HEY BARMAID, LA BOUTEILLE S'TEPLAIT ! Maintenant la boisson en main, qu'il boit au goulot. Il s'arrête un instant pour me regarder. Quelle animation ! » 
En effet, la salle était à nouveau remplie, les cadavres gardaient leurs séquelles mais se relevaient pour boire ou discuter, je pouvais à nouveau les entendre. C'est au tour de la fille de s'assoir à côté du mec. Il prend la parole. « Tu n'as pas fait de mal à ma petite chérie au moins ?
- Votre quoi ?
- Ma bien aimée. » Je peux la voir qui pose son front sur la table mal lavé, des rivières de sang s'écouler de ses bras, de sa nuque, de ses yeux. L'inconnu se met à lui tapoter l'épaule
« Hey, chérie ! Tout va comme tu veux ? Toujours la tête penchée, elle le regarde avec compassion
- Je n'ai rien fait... Elle retourne à son coma.
- Bien sûr que tu es innocente, il ricane. Le vrai coupable c'est lui. » Il me pointe du doigt.

Une douce mélodie vient bercer mon ouïe, quelqu'un a déclenché le jukebox, c'est du piano. Tout me revient en tête. Je venais de fêter mes vingt-cinq ans. Pour l'anniversaire j'ai décidé de prendre la voiture. Une autostoppeuse pointait le pouce vers le haut. Je me suis arrêté pour la prendre, puis en conduisant, j'ai sorti une fiole de whisky, j'avais déjà trois grammes dans le sang mais cela ne se voyait pas. Alors, je buvais, je passais les vitesses, je buvais, parfois j'enchaînais avec un « T'en veux ? » Elle déclinait toujours ma proposition, hurlant qu'elle voulait descendre. Je ne l'ai pas écoutée et je me suis arrêté à un vieux cabanon. J'ai stopé la voiture et j'ai ouvert la porte à la demoiselle qui effrayé par mon sourire sadique ne voulait pas sortir alors baraqué comme je suis, j'ai agrippé sa longue robe blanche. Je l'ai tiré vers moi et après avoir ouvert la porte, je l'ai lancé près des cadavres des autres jeunes filles. J'ai défait ma ceinture pour lui en entourer le cou et l'étrangler pendant plusieurs secondes. Voyant son visage violacé, je décide d'arrêter pour la savater. J'arrache ses habits et prend un énorme morceau de bois – Environ 5 cm de largeur, pour lui enfoncer dans l'anus, elle n'a cessée de crier et le tronc était gorgé de sang. Elle ne se débattait pas, non, elle pensait que ça ce finirait plus vite. Alors je l'ai retourné pour enfoncer mon gros vit dans sa bouche. Je lui disais que si elle mettait les dents, je les fracasserai. Elle n'y a pas mis les dents mais cela ne m'a pas empêché de les casser avec le manche d'une hache. Je l'ai tabassée à coups de pieds, j'ai enfoncé plusieurs clous dans chacun de ses yeux. J'ai coupé sa langue au ciseau avant de la mâchouiller longuement. Puis j'ai violé son petit corps qui ne ressemblait plus à grand chose et j'ai terminé mon travail en lui faisant sauter la cervelle avec une batte cloutée.

La musique s'arrête. Je suis de nouveau assis au bar devant les quinze shooter encore pleins. En regardant autour de moi, personne n'a été blessé, seul l'homme était encore là mais cette fois son rouge à lèvre noir dépasse les commissures de ses lèvres, il a un long kimono bleu aux bordures saillants, sous ses pieds, une petite fille, c'était la même que celle que j'avais torturé, vingt ans en moins. Il me regarde. « On y va, l'ami ? Ses doigts entourent mon cou, ses ongles deviennent des griffes, elles me pénètrent.
- Allons y. Fais-je. »
Sa faux décapite ma tête qui roule, des larmes de sang tombent de mon être et ma vu se pose une dernière fois sur la petite fille.



FIN

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Paroles de Juri
Auteur : Gabriel
Genre : Le bouleversement des pensées.
Catégorie : Diverses nouvelles.

L’enfer, le purgatoire, le paradis. Voici les trois étapes de la vie que décrit Dante lors de son périple. Les illuminatis, le groupe Bielderberg, Satan et les lézards humanoïdes. Voici les quatre cheminements de la hiérarchie obscure. Avez-vous déjà pris le temps de regarder la couleur du soleil ? Bien sûr que non, dans l’autre cas, vous feriez sûrement partis de ces aveugles illuminés. Je me dis que parfois il vaut mieux être aveugle, ou bien sourd. Parfois, je me dis qu’il vaut mieux être mort. Quelle sottise ! You and me and us and do it. Tout est rien et rien est tout. Prends un flingue et tire, tire jusqu’à ne plus pouvoir viser. Fais le, fais feu et montre la puissance du néant. Un groupe de pédés se ramènent, ils ont froid, moi aussi. Alors ils frottent leurs queues l’une contre l’autre. Petits pédés, tu me fais marrer. Petits pédés, tu me fais rigoler. La mère m’a donné la vie, quelle arnaque. Je n’ai plus de raison de continuer, je n’ai plus la passion, je n’ai plus d’inspiration. Les gouttières s’égouttent, la pluie dégouline et mes larmes transpirent sur chacun des porcs de ma peau. L’attaquant marque un but dans ma cervelle trépignante. Mon tendre amour, mon Platon bien aimé. Les ailes de l’âme ne sont que des déchets face à tant de haine. Le mal être est tout un art. Un art dérisoire et fortuit. Que Dieu me vienne en aide. J’ai déclenché une guerre avec le gang des malheureux. Quoi de mieux qu’une cigarette, un joint, un rail ou un fixe ? L’enfer c’est d’être tué comme un chien.

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Auteur : Gabriel
Genre : Romance
Résumé : Pour A.


Virtuose


Le cauchemar se marie très bien au désespoir; Ce désespoir qui nous hante autant qu’il nous aime. Je lui fais deviner que l’on ne veut plus de lui. C’est l’amant du malheureux. Alors face au cauchemar, il y a le rêve. Un rêve aux cheveux et à la tunique noire, avec pour seuls yeux ceux du ciel. Ses baisers, tendres, de mille demoiselles ne valent pas les siens. Cette déesse se prête tel un diamant à la cigarette. Lorsque ce fluide embrumé s’échappe de ses lèvres, l’élégance est majestueuse, rarissime.

Son corps est parfait. Et lorsque je parle de perfection, je parle de ses courbes aux allures de fée ainsi que de ses doigts, sublimes. Lui tenir la main demande une extrême douceur. La femme qui fait l’objet de mon récit est si merveilleuse, au point où mes malheureux pinceaux sont incapables de la dépeindre avec des mots. Elle porte le prénom de A comme Amour. Amour parfois désastreuse, Amour parfois amoureuse. Amour. Il parait que l’on ne peut vivre sans amour, c’est en toi que je l’ai trouvé. Celle qui berce ma vue de ses jolis fruits, défendus et interdits que je mange avec appétit. On s’est confié nos secrets pour en faire une mélodie, virtuose.

Belle lune, c'est sous cette plume que j'avance ces écumes. Feu, et cœur de glace. C'est sous ta neige, que je trépasse. Dans une mare se mélange notre sang. C’est de ta vertu que mon vice est vaincu. Soleil et femme d’Azur.



Jeux d'échecs



Auteur : Gabriel
Genre : Drame
Résumé : Amour impossible.



Yaoi et Coralie étaient liés par le sang. Cachés derrière les arbres et, avec beaucoup d'entrain ils se lançaient mutuellement des boules de neiges. Le rire était omniprésent, assez pour en faire trembler les feuilles mortes. Ce jour là, nous étions le 24 décembre 1991. C’était l’hiver, les corbeaux virevoltaient autour du cimetière qui lui était recouvert de givre. Ces ténèbres étaient maculées d’un blanc pur, sans crasse. Partout où on allait, il y avait des tombaux, de pierre, de bois, des crucifix ainsi que pour déchets des croix gammées. Yaoi, le fou, était un jeune garçon de pas moins de dix-sept ans Toujours habillé avec pudeur. Un jean et des baskets propres couplés à une chemise à carreaux. Quoi qu'un peu junkie sur les bords. Il aimait bien boire, à vrai dire, il buvait tous les jours depuis qu’il portait sur ses épaules le décès de Coralie. Il s’en voulait de ne pas avoir réussis à sauver sa très chère sœur le 11 mai 1990. A cette date, la journée s’annonçait parfaite où tout le monde souriait, se moquait, bavardait et lorsqu'il manqua un peu de vin, Coralie se proposa d’aller en chercher, une demi-heure passa sans qu’elle ne revienne. Yaoi, pris par l’inquiétude, s'en alla dans la cave voir la raison pour laquelle sa sœurette ne revenait pas. C'est à ce moment précis qu'il vit un personnage au couteau déjà ensanglanté, pointé sur la gorge de Coralie. Celui-ci lui fit jurer de ne pas s’approcher au risque de lui trancher son joli cou. Yaoi ne bougea donc pas. Et c’est sous ses yeux que le tueur, malheur, l’égorgea devant lui. Yaoi se jeta sur la fille pour éteindre la plaie, en appuyant sa poigne sur la coupure, ses mains étaient gorgées de lambeaux de peaux. Il était trop tard, le malfaiteur avait eu le temps de s’enfuir. Il ne se souvient pratiquement pas de lui si ce n’est le fait qu’il portait un manteau et une capuche noire. Ce jour là, c'était l’anniversaire de Coralie. Alors bouteille à la main, il s’assit sur sa tombe pour discuter avec la morte, six pieds sous terre. Une main froide vient lui caresser le cou, c’était Marie, la tour. La fille dont il était amoureux. Marie avait vingt ans pour un mètre soixante-huit. Nous jouâmes souvent aux échecs et je ne me souviens pas avoir perdu une quelconque fois. Lorsqu’ils étaient enfants, ils allaient dans les bois pour couper les orties à coups de bâton, se prenant pour des héros en quête de guerre. Elle était très proche de Yaoi et lui demanda de ne plus boire comme il le faisait sans cesse. Yaoi renversa un peu de Whisky sur la tombe de la défunte.
« Il est dommage de partir dans l’au-delà sans un peu de réconfort » Affirma-t’il.
Marie n’était pas amoureuse de Yaoi, loin de là. Elle préférait les femmes. Yaoi à nouveau saoul. Elle n’eut d’autre choix que de le ramener à la maison la plus proche, celle d’Alice, le roi. C’était un appartement au milieu de Paris, le ramener ne fut pas chose aisée car l’ascenseur était en panne, il a donc fallu escalader l’escalier pour arriver au troisième étage. Marie frappa trois fois sur la porte faite d'ébène. Alice ouvrit enfin et proposa d’allonger Yaoi dans son canapé en soie. Alice était amoureuse de Yaoi et tout comme lui avait aussi dix-sept ans. Ses cheveux étaient blonds, ses yeux verts, la bouche fine et les cils bercés de mascara. C’était d’Alice que Marie voulait pour amante. Maligne, elle proposa de dormir dans son lit deux places, qui elle, n’en voyait pas d’objection. Dans la chambre, Marie se déshabilla. Elle était entièrement nue devant Alice, qui n'y prêta pas attention. Toutes deux blottie dans le lit. Marie commença à chuchoter des mots doux à l’oreille d’Alice. Elles rigolèrent ensemble. Tout semblait parfait jusqu’au moment où Marie commença à toucher les seins d’Alice, lui remuant les tétons. Celle-ci, consternée lui dit qu’elle ne voulait pas de ça, qu’elles étaient seulement « amies » et c’est en larme que Marie passa la nuit.
Alice lui avoua son amour pour Yaoi mais elle ne voulut rien entendre. Au réveil, le canapé était vide, Yaoi avait disparu, laissant derrière lui un post-it. « Je suis retourné voir ma sœur. » Marie rentra chez elle, prétextant avoir un truc urgent à faire puis se rendit au cimetière. Elle vit Yaoi dans le même état qu’hier. Vodka d’une main, un bouquet de roses de l’autre. Marie était habillée d’un manteau et d’une capuche noire, qui révolver à la main salua Yaoi.
« Alors... c’était toi ?! » Cria Yaoi malgré ses problèmes d'élocution dû à l'alcool.
« Cesse ta tristesse, l’endroit en est recouvert. »
« Tu es une voleuse d’amour, je t'aimais. » Ses pleurs salissent la couverture blanchâtre
« La tour prend le fou. »
Marie appuya sur la gâchette et avant même que l'on entende la détonation, la balle traversa la tête de Yaoi. Ce qui laissa des morceaux de crâne et de cervelle se mélanger aux fleurs. Le sang coula abondamment pour salir la tombe et les graviers posés autour. Un massacre.
Plus tard, dans la presse, Alice vit dans la liste des morts le nom de Yaoi Koudloff. N’en croyant pas ses yeux elle tenta de l’appeler à plusieurs reprises. Ce qui ne la faisait que tomber sur le répondeur. Alice n’avait d’yeux que pour Yaoi. Des souvenirs revenaient la hanter, ceux qu’ils avaient vécus ensembles. Des moments pleins de joies. Notamment dans l’usine pour poupées où ils rentraient la nuit par effraction. Ils allaient dans les salles de jeux, fumer un ou deux joints. Yaoi était sa vie et maintenant c’était fini alors elle accrocha une corde au plafond, fit un double nœud, bien serré, passa son cou entre la corde et jeta le tabouret qui la retenait. Son teint devint bleu. Il lui fallut quarante-six secondes pour mourir d’asphyxie. La voila éteinte et prête à rejoindre Yaoi. Mais ce qu’Alice ignorait c’est que dans la mort, il n y a pas de vie. Echec et mat. Le roi est tombé.


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Auteur : Gabriel
Genre : Dystopie
Résumé : Une jeune fille décide de suivre un inconnu. 
L’homme aux humeurs d’encres

« Petit prince, tu dors ? Ton sang a souillé les draps. Tu m’avais promis de ne plus recommencer. Où les caches-tu ? » De la main droite, j’attrape une petite boîte caché derrière un monticule de livres. Nietzsche, Camus, King, Kundera. Je l’ouvre pour y trouver une série de lames aux bouts rouillés par le sang. A côté s’y trouve un jeu de tarots, les cartes ont été baignées dans un vin corporel. Par fatalité, je pioche. Le faucheur aux grands airs de tueur, je le pose, ferme la boîte et me dirige vers la cuisine. Ma bouche joue du tango avec deux cachets de Xanax. Je monte les escaliers pour aller dans la salle de bain. Face au miroir je peigne les cheveux d’une demoiselle brune aux yeux verts. Les lèvres bercées de rouge.

*


On m’appelle petit prince à cause de ma taille. J’ai quinze ans et je fais un mètre soixante-huit. A mes côtés se trouve Sir Young qui comme à son habitude joue aux échecs avec Lord Christmas. Celui-ci est en train de gagner. Young porte un pardessus en cuir, ses longs cheveux cachent son visage d’enfant. Rangers et jean troué vont de paire avec son petit corps. Christmas est vêtu d’une chemise et d’un slim noir. « Qu’allons nous faire, camarades ? » Je me penche pour regarder la partie.
« On pourrait la découper. » clame Lord Christmas.
« Ou bien la sectionner. » continue Sir Young.
Je tousse « Pauvre fille, qui a les clous ? »
Lord avance le fou. « Par-dessus. »
Sir réfléchit puis relâche sa tête vers l’arrière. « Dans le sac. »
Je prends le sac-à-dos pour me diriger dans la cuisine. Je sentais la mort, il me fallait une bonne douche. « Soixante-douze point huit » Sur la table, près des frites au poulet, je prends une boîte métallique que j’ouvre. Des lames, des clous et un jeu de cartes retourné. Je pioche trois fois. Le Bateleur, la Papesse et l’Impératrice. Diantre, que de mauvaises cartes. Je prends un clou accompagné d’un marteau. Dans le salon, je me regarde dans un miroir. Je recoiffe mes cheveux. Je claque la porte et c’est pour découvrir une jeune fille ligotée, bâillonnée. Une jolie blonde, les seins à l’air et recroquevillée sur elle-même.
« Salut ! » Je tends la main vers elle. « Comment vous allez ? » Je transperce les trois cartes sur le clou. « J’imagine qu’une situation comme la votre ne doit pas être facile. » Au milieu du front de la prisonnière, je glisse la pointe. Elle gigote, je la baffe. « Tiens-toi tranquille. »
Le marteau à la main, je frappe sur le clou, il rentre légèrement dans le crâne de la fillette. Un léger trait de sang s’écoule de son front. « Je vois qu’il n’est pas prêt à rentrer. » Je donne trois frappes à la suite. La vis s’enfonce, les trois cartes font barrages sur sa tête. Ses yeux virent au rouge. Elle pleure sans mourir. Enervé, je frappe sa mâchoire d’un grand coup de marteau. « Salope, tu es décidée à me faire chier. » Je continue, jusqu’à ce que celle-ci soit totalement difforme. Je reprends mon souffle. « Tu es mieux comme ça. » Je retire son bâillon. « Qu’est ce que tu dis ? Tu as du mal à parler ? Ah ah ah. » Quelle ironie, elle aussi a fait une mauvaise pioche. Je laisse son petit crâne déformé de côté pour allumer une cigarette. La première taf me fait tourner la tête. Ca ou le sang qui salit mon pull. « Au fait, moi c’est petit prince, je suis sûr que cette expérience nous a rapprochés. Voici mon portable. » Dans le sang j’écris le numéro de mon phone. « Pauvre fille. » Je la savate de plusieurs coups de pieds.

*

« Qu’est-ce qu’il fout, tu crois qu’il couche avec elle ? »
« Ne dis pas de connerie, Lord. » avance Young.
« Il est barge, tu sais. »
« Comme toi. »
« Echec et mat. » Je souris. « Il t’en reste un peu ? »
« Je ne peux pas lutter. » Young fouille dans sa poche. « Je crois que j’ai tout laissé dans le sac. »
« Bordel, tu sais que si on le dérange, il va encore péter un câble ? » Ma main tremble.
« C’est bon, tu ne peux pas t’en passer ? Il va revenir. »
« Va chercher la came. »
« Tu es fou. »
« Va prendre cette putain de dope. » Je tape sur la table. « Tu as perdu, tu devrais déjà être parti. »
« D’accord, calme-toi, Lord. »
« … » Quel con, il ne faut jamais déranger le prince en plein travail. Il aurait dû y penser avant de planquer l’ecstasy avec les clous.

*

Je tremble. J’hésite à faire demi-tour, mais Lord risque de me faire la gueule. Allez, courage samouraï. Ne te laisse pas abattre. Après tout, peut-être qu’il sera de bonne humeur. Je colle mon oreille à la porte, j’entends des respirations rapides. Il est sûrement en train de la violer. Putain, ce n’est vraiment pas le bon moment. Adossé contre le mur, je regarde ma montre, il est 17h50, mes surplus de médicament me donnent sommeil. Je tuerai pour un oreiller et un lit confortable, avec des ressorts. J’allume une cigarette. Et c’est par celle-ci que je remarque qu’elle dégage une fumée bleutée. Avant, je n y avais fait attention. Je la croyais grisâtre. Mes paupières sont lourdes. Je baille…

Les chevaliers grimpent, les meurtriers s’accrochent. Dans un nid, un corbeau vient m’apporter la becqué. Un peu de chair meurtrie. Au fond de mes entrailles, je glousse. Les corbeaux virevoltent de manière suspecte. Mes iris les suivent. Je tombe dans un trou, celui des cauchemars. Pantins et marionnettes m’accueillent armés de coutelas et de sourires sadiques. Je tends les mains pour leur dire de reculer mais je n’ai pas la parole. L’un s’avance, tête bancale et la main gauche armée. Des cantiques raisonnent au moment où son arme pénètre mon cœur. Qui lui n’est qu’un organe absent de sentiments. On parle de pluie de sang uniquement dans les contes, mais cette fois ci elle est réelle. Mes lèvres crachent, j’ai du mal à articuler. « Rig… rigole… rigole le clown… » CLAQUE !

Quoi ? Non ! Je ne dormais pas. Ma Rolex indique 19h45. Je lève les yeux. Petit Prince est couvert de sang. Il me regarde.
« Tu voulais quelque chose ? » Son regard fixe me paralyse.
« Le… le sac. »
« A l’intérieur. Dieu que j’ai faim. »
« Je peux ? » J’essaye de faire la discussion. « Il y a un sandwich dans la cuisine. »
« Vas-y… » Sa voix me fait signe, comme si il voulait exposer son art.
J’ouvre la porte menant à la salle de bain. Une fille nue, trois cartes sont clouées au milieu de son front encore dégoulinant de sang. Il y a des bouts de chair sur ce qui semble être sa bouche. Sa culotte est arrachée et couverte de sang. Le vagin à l’air libre de la fillette est écrasé, comme par un burin. Mon premier réflexe est de vomir dans le lavabo. Je me passe un peu d’eau sur le visage. Je me regarde dans le miroir en m’efforçant de sourire, sans succès. J’attrape le sac pour ressortir immédiatement de la salle. Nous retournons chacun chez soi.

Deux jours auparavant

Assis au comptoir, je finis ma troisième bière. « Une vodka, barman. »
« Pareil ! » Je me retourne. Une fille, les cheveux blonds et le corps rayonnant de beauté. Elle me tend la main. « Salut, je suis Marie. » Je lui serre la poigne. « Ravie. »
« De même. » Je la regarde dans les yeux et après trois vodkas je lui propose « Pourquoi ne pas venir chez moi ? »
« Seulement si… hips… c’est moins bruyant. On ne s’entend plus parler ici… »
« Quoi ?! »
« Je disais d’accord... hips... mais je ne connais toujours pas ton nom »
« On m’appelle petit prince. »

Fin



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Auteur : Gabriel
Genre : Romance
Résumé : Un tueur en série pour qui le temps n'existe pas tombe amoureux.


Requiem pour une poupée



Pourquoi les gens ont tous des montres au poignet ? Le temps est une chose étrange, un sale truc qui dicte nos activités. La seule et unique notion temporelle que je possède se trouve dans la chanson. J'avance dans les quartiers riches. Tu m'as érigé avec l'enfer que tu souhaites. Je n'ai pas eu à te vendre. Tu as jeté ton argent dans le bordel du bien. L’intérieur de mon porte-monnaie compte soixante-dix euros et quelques centimes. Fixe, je suis face au supermarché. Entre ma cigarette et l'envie d'alcool, je suis le prince à l'envie légère. En rentrant, la caissière, crinière brune et courte, un épais T-shirt portant la marque Monop cache sa petite obésité. Elle dévisage ma tenue déglinguée. Doc Marteens, Lodenslim et un vieux pull, sont les vêtements que je traine. L'allée est parfumée, une fleuriste a posé un stand à l'entrée. Mon odorat est séduit par les bouquets fleuris. Je m'arrête un instant.
« Vous cherchez quelque chose ? »
Le chœur chante doucement. Trois berceuses dans une langue antique.
« Excusez-moi ? » Je retire un instant mon casque.
« Je me demandais si vous aviez besoin d'aide. » La marchande a une chevelure blonde qui descend sur ses seins, un tablier verdâtre les interromps.
« La senteur des lieux m’a arrêté, je désirais regarder. » La femme sourit, je lui renvoie un peu de ma joie. En haut de l’enseigne, l'horloge indique 8h34. « Les fleurs rendent heureux. Moi, je n'ai pas de femme, personne à qui en offrir. » Derrière un bol à bougies, près du comptoir, la dame aux doigts fins y dépose minutieusement une botte de tulipes.
« Salope, je vais bâillonner tes yeux et les écraser au burin avant de violer ton petit cul saignant. »
Ses yeux d'un bleu mer, me regardent, par vagues. « Vous voulez autre chose ? »
« Merci. » Je repositionne mon Walkman. La nuit, je m'allonge sur mon lit et pense à ta vie.
A la fin de Sister September qui comptait trois minutes quarante-six, je savais qu'il était à peu près 9h35. Je pense à la mort, à me détruire.

Au crépuscule j’ai rencontré trois gitans avec lesquels j'ai bu du bon whisky, un Jack Daniel's. Je me demande comment des déchets peuvent se payer de tels festins. Le sang, l'odeur et sa douceur… Tout le monde semble saoul. A ma ceinture de cuir, je sors mon couteau de son étui et ce dans l’espoir d’écorcher quelqu'un, n'importe qui. Mais mêmes ivres, ils étaient conscients. Ma passion pour l’anatomie humaine se retrouvait en suspend et de toute façon, cela ne faisait que retarder l’inévitable. Nietzsche disait que la vie sans musique était tout simplement une erreur, une fatigue, un exil. Les paroles reprennent. Je continue à me demander tout ces jours comment grandir de la manière dont on vagabonde. Une bouteille de Grant’s plus tard et je suis reparti. « Vers où ? Qu’en sais-je ? » A mes devants, un jeune couple se dispute. Le garçon grand et fin envoi une bague au loin pendant que sa rousse le frappe à coup de sac à main. Son conjoint lui rit au nez. L’anneau tombe à mes pieds, je me penche pour le ramasser, mon genou craque. Elle est banale, j’hésite à lui rendre mais je titube de trop. Plusieurs choses me rendent triste, certaines peuvent même me rendre fou. J’avale un Tersian 25 mg, deux Valiums 5 mg, un Immovane10 mg et un Zyprexa 10 mg. Quinze minutes passent, mon mental a décliné. J’ai sommeil, cela fait deux nuits que je ne dors plus. Mon esprit s’écarte, la vie, je n’ai su en être digne, je répands la mort.Qu'importe le nombre de fois où tu m'as dit que tu voulais partir. Qu'importe le nombre de nuits où tu as menti, éveillé. Contre quelques billets, un junkie m’a prêté son matelas pendant qu’il partait se bourrer la gueule avec son chien. Il a laissé ses affaires ici. J’observe le fourreau de ma lame, il est doré avec sur le côté, un mot peint à l’encre, Evil. Dans le kadi du sans-abri, j’aperçois un pot de têtes brulées. J’en prends une, le goût acidulé part vite, ce qui me déçoit. Dans ma jeunesse, ils étaient plus forts. En plein rêve, je me revois petit… cette période où mon père égorgeait les porcs. Le soir, déchiré au whisky, il battait ma mère, elle en est morte. Maman…

« Hips » Le clochard se laissait arborer d’une veste militaire qui engloutissait une flopée de pulls trop grands. Son chien, un labrador noir et maigre bordait le malheur. Il avait le regard triste, presque éteint.
« Je t’ai pris une… »
Sans me laisser finir. « Tu as… zoupla… bien raison. » Il me tend une bouteille vide, je la pose plus loin.
« Tu vas faire quoi maintenant ? » Je fronce les sourcils.
« Demain, hips. Je revois ma copine… une sacrée nana, mon vieux… Oh putain ! » Il tombe près de moi, manquant d’écraser le cabot. « Ah… voilà. Je la… vois une fois par mois. Regarde. » L’homme sort une photo de sa poche, une jolie adolescente. On peut y voir une écharpe en soie rouge qui défend son cou.
« Elle est jolie. »
« Hey ! Pas touche ou je t’explo… wha... » il s’allonge. « T’explose… le crâne. »
« Je rigole, dors. »
« Euh, ouais… »
Adossé au mur, j’hume les odeurs de la ville. Pardonnez-moi Mère. A ces dernières paroles, il doit être 23h. La ville est salement vide. Il commence à faire froid. Agenouillé devant mon camarade, je lève mon poignard face à mon visage comme pour donner un coup froid et sec dans le thorax du mec. Je frappe.
« Mon… frère. Qu’est ce que tu fais ? »
« Ta gueule, minable. C’est ton tour. » Le manche danse sous mes doigts, j’appuie et remue l’instrument tranchant au milieu de ses tripes. « Les samouraïs se faisaient ça eux-mêmes, hara kiri. Un peu de courage, connard, saloperie de jouet. » Je retire l’arme pour l’égorger comme me l’avait enseigné papa.

De retour chez la fleuriste, j’achète un bouquet de roses pour une somme de vingt-quatre euros. Il est 10h56. Le lendemain, je reviens plut tôt pour l’offrir à la vendeuse.
« C’est pour moi ? Dit-elle. »
« Pour votre regard. »
« Je le reconnais, vous l’avez acheté hier. »
« Vous accepteriez de prendre un café ? »
D’une petite moue, elle réfléchit. « C’est d’accord. »

Au bar du Rivalto, je prends une Triple, elle, un simple déca’. Ma compagne trempe deux sucres dedans. Je l’observe.
« Vous êtes discret me lance t’elle. »
« Vous aussi. » Elle rit. « Votre rire est délicat. »
« Vous me draguez ? »
« Voyons, nous sommes passé au dessus de ça. » Avant de la quitter, je l’invite à prendre un verre chez moi. Elle me suit, je lui demande de rester sur le palier quelques minutes, le temps de ranger la pile de vêtements qui est entassé sur mon fauteuil, mon lit et même au sol. J’allume un bâton d’encens senteur jasmin puis je disperse une vingtaine de bougies pour enfin éteindre la lumière et laisser une ambiance décontractée. J’ouvre la porte et tend la main pour qu’elle la saisisse. « Viens. » Elle m’attrape le poignet.
« C’est beau ici. Tout est à sa place, parfaitement rangé. »
« Il s’agit pourtant d’une chambre des plus banales. »
Autour de la table où le porc était roti. Nous discutions de tout, surtout de rien.
« Alors comme ça vous êtes un vagabond ? »
« Je vais par ci, par là, ici et là. »
Ma demoiselle prit une gorgée de vin blanc pendant que je buvais mon rhum orange.
A la fin de la soirée, soûle, elle resta allongée sur mon sofa. Ses épaules contre les miennes, un sentiment de protection parcourait mes veines, la volonté de rester près d’elle. Je caressais ses cheveux et découvrait sa poitrine à nue. Le fourreau de mon couteau me gratte, il réclame du sang neuf, du sang pur. « Non. » lui dis-je. Il me démange de plus en plus. Sa malédiction m’ordonne de lui trancher d’abord les mains, puis les pieds. « Non » répétai-je. L’éclatement de mes cellules fut trop fort, je dégaine et lutte pour ne pas tuer cette demoiselle d’amour. Mes doigts ne purent s’empêcher d’effleurer son cou. Je vis des hommes cadavériques, chacun de ceux que j’ai éventrés, égorgés, tués. Cette vision semblait voler mon âme. Une âme faucheuse d’existence. Je suis droitier mais c’est de la main gauche que j’attrape le wakizashi. J’attaque, mon avant-bras droit fit barrage, ce qui a pour effet de le transpercer. Le sang coule, les os crient. Je ne pourrais plus jamais tuer, mes muscles sont foutus. Je vivrai pour elle. C’est mieux ainsi.

Je suis ta marionnette.
Never forgive. Never forget.

Fin





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Rock'n Roll
Auteur : Gabriel
Genre : Prostitution
4h25

Le concert était génial. J'en suis encore toute émue. Ma participation est d'être chanteuse dans un groupe de... de quoi ? De rock et de symphonie. La foule en délire, ma voix versait du grave à l’aigu. J'en ai encore mal à la glotte et le coeur qui frappe d'éternels battements. Je n'aurais pas dû pousser si loin.

Pit c'est le guitariste, cheveux en arrière, attitude déglinguée, jean troué. Le seul dingue qui au milieu du concert a fait virevolter les débris de son instrument avant de simuler un égorgement à l'aide d'un bout de verre. Il me verse une bière. Pit roule un join en chantonnant plusieurs coups d'échec.
« Le roque, la promotion, la prise en passant. »
« Putain, elle est fraîche mec. » Une bière froide après avoir crié, sué et ce dans le seul but de se montrer en spectacle, il n y a que ça de vrai. Ouep.
« Toute droite sortie du frigo, Flore. Tu veux un burger ? Je lui fais signe que non. Il retire l'emballage.
- Le public était déchainé lorsque tu t'es mise à répéter : Sans peine le sang arme mes veines. »
Après deux/trois gorgées je saisis ma gratte, une Fender. Mes doigts baladent les cordes, et s'abstiennent de  les faire balancer. Un moment d'absence me traverse.
« Tu joues ? fit-il. Tu n'en as pas eu assez ? » Il tousse d'un coup sec.
«On en a jamais assez dans le milieu. » D'un coup de cutter, je coupe l'âme de la guitare. « Tu ne t'es jamais demandé si l'on pouvait étrangler quelqu'un avec ça ? » Je tends le fil métallique « Cette nuit, j'ai essayé de me pendre avec le cordon de mon sweat. » Mon ton s'adoucit. 
«Cool. » Contre un mur, il écrase la malbouffe.

4h35

Dans un bar/café, aux toilettes, je me fige devant un des miroirs. Avec déchéance, je vois un homme qui au côté gauche du crâne posséde les cheveux à la teinte du ciel. Sa chevelure s'étend jusqu'aux épaules. De l'autre côté tout est rasé. Piercing à l'arcade, Venom, Bridge et un anneau accroché à la lèvre inférieur. Slim et T-shirt noir moulant. Je me trouve beau, et je fais tout pour l'être. Ma montre indique qu'il me reste 2h. De retour à table, je joue avec le couteau, collant le côté pointu à la chair de mon pouce. En face de moi, un mec en costard. Il se fait une ligne - Cet enfoiré me donne envie -. A force de frotter, mon pouce s'abime. Par réflexe je lache le couteau. Le barman s'approche. « Un Blenders ». Il hausse un sourcil, j’appuie son regard, il y va. Je ne bois jamais d'alcool, je n'ai pas l'âge, seulement 17 lunes comme on dit; et même si je fais plus vieux c'est mauvais pour le métier. La pluie de son tapis claque les toits, douce mélodie. Le serveur ramène la boisson, entre mes lèvres, je dépose la paille et sirote tranquillement le Milk Shake. Il est bon. Walkman aux oreilles, je suis le son en murmurant Sans peine le sang arme mes veines. J'ai omis de fumer une cigarette que je venais d'allumer. Entière et en cendre.

6h10

Nue sous un kimono, je fais le lit, il sera bientôt défait. A la corbeille, l'inutile. C'est à dire tout. C'est à dire rien. Inutile donc indispensable. Après une douche chaude, je verse au creu de ma nuque un peu d'eau de cologne Chanel, me suis maquillée à la Geisha, entoure la pièce de bougies et, la touche final, un batonnet d'encens au bois d'Olivier. En position du Lotus,  je suis apaisée et observe le vide. Le téléphone sonne, je n'ai pas envie de décrocher. A la table de chevet, deux flûtes à champagne entourent la bouteille Mot Chandon. On toque. Quelques secondes s'écoule. Et enfin, j'ouvre au jeune homme.

6h10

En main, un bouquet de rose, au milieu de celles-ci, une noire - Pourquoi tout ce rituel pour seulement quelques heures de bonheur ? -. Le vent fait basculer mon parapluie. En premier lieu, j'essaye de sauver les fleurs. Me voilà face à un immense hotel réputé pour son prix. Je regarde l'immense palais. 
« J'ai une réservation » dis-je au pingouin du comptoir.
« Quel nom ? »
« Side » Silence. Pour le rompre, je siffle. Il me tend la clef. Le lieu est vaste. On peut compter plusieurs Saunas, jaccuzis, bains de boue, U.V., Massages ainsi que des menus variés. Je commande un cassis. De multiples tableaux sont déposés un peu partout, du comtemporain au moderne. Une fois finis, je prends l’ascenseur. Je me refais dans le miroir de celui-ci.

6h35

L'homme me tend une armada de roses. Je les dépose prestement dans un vase vide. Fatiguée, j'en oublie de le remercier. «Une coupe, Side ? » Sans attendre de réponse, je verse de l'excellent champagne ainsi qu'une pilule d'ecstasy dans chaque coupelle. 
Ses doigts caressent mes lèvres pour descendre jusqu'à mon nombril. La tension sexuel se fait sentir. Pendant que je défais son jean, il retire mon Kimono. Sa bouche descend mon ventre pour pénétrer sa langue dans mon antre. La bouche mouillée et remontée à moi. Je l'embrasse de tout mon saoul. Il me pénètre, je m'aggripe à lui. Mes doigts enfoncent sa chair, le griffe. Nous faisons l'amour. Il fait du va en vient. Je murmure son prénom «Side... Side... Side... » De ses dents, il saisit un glaçon qu'il lache entre mes seins. Le frisson est agréable. Blottie à lui, je m'endors. Près de son oreille je le berce d'un "Je t'aime." car je l'aime autant qu'il ne m'aimera jamais. Je ne suis qu'une cliente.

8h43

L'étreinte m'étouffe. D'un drap j'entoure son dos nu et me dépose au balcon pour fumer une cigarette. Les deux premières taf me font tourner la tête. Je regarde les gens passer, la société s'activer. J'expire un soupire, celui de la lassitude. De retour à l'intérieur je prends les 500euro déposés sur la commode pour remplacer les billets par une carte. Rock'n roll.

10h23

Je me réveille, il est parti. Mon premier réflexe est de regarder le bout de papier écrit avec précision  : Sans peine le sang arme mes veines.

Fin.


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Auteur : Gabriel
Résumé : Lucifer soumet un pari à Belzébuth, ce qui pourrait changer la face de l'enfer.

Ultime est l'As


Ailes de scarabées provoquent tornades et insanités. A mes cornes, sont condamnés à errer ceux qui tentent de se révolter. Vers et cafards, mes majestueuses amies, nous répandons la mélancolie. Baal et seigneur du mal, sous mes pieds, les morts rejetés. A la tête de 6 666 légions, je suis la Bête.
Le moine et son bâton ont pour pavillon, le pentacle. De marbre, c'est au-dessus des cadavres qu'il délecte chaque lamentation. Sous la forme de nouveau-nés, tombent par milliers les damnés. C'est dans un berceau qu'ils viennent se réveiller. Le moine les recouvrent d'un couvercle, puis de son immense force, les propulse dans les recoins oubliés. Je les entends déjà hurler pour l'éternité. Sur un tapis de serpents approche une harpie. Mes ongles acérés perforent la dame.
« Qui t'a autorisée à quitter les sentiers de la perdition ? »
« Belzébuth, vous me savez à vos sabots, et jamais je ne volerai à tel danger que celui de vous désordonner »
A ma gueule, j'avale la dominatrice. Je mâche et je crache. Il est là.
« Lucifer... ? Cet endroit n'est pas fait pour toi. »
Une longue chaîne reliée à ses pieds, l'empêche d'avancer. Son corps nu, est recouvert par de longs cheveux au manteau de neige. Ils traînent la terre. Sans jamais s'arrêter, des larmes aux gouttes gelées s’effondrent pour l’éternité. Il possède trois ailes à chaque omoplate. Les plumes ont pour continués des stalactites.
Ses lèvres givrées par le sang émettent un craquement. Elles murmurent une comptine. Et, c’est par plusieurs instants répétés et métalliques que le moine perd de sa peau, à ses yeux coulent un liquide blanc. Lacéré de l'intérieur, il se gratte si fort, qu’il ne reste de lui que des os flottant dans une mare de sang.

« Tu ne mérites pas le nom de Baal. Usurpateur, casse mes chaînes. »
Je tape à mon abdomen pour lui vomir un océan de flamme. Nocturne, son regard transperce le feu, jusqu’à le diviser en deux. Lucifer a bien plus de puissance, il est le premier. Prisonnier, ce n'est qu'un jouet. « Personne ne le peut, pas même Dieu. »
« Dieu, n'est pas maître du hasard. Jouons. Fit-il. »
Mes doigts, tape sur le trône. L'envie me liquéfie. Il me sait sensible aux paris.
« Quel est l'enjeux ? »
« Si je gagne, mes chaînes, de leurs étreintes, se briseront… »
« Et si tu perds, tu resteras mon esclave pour l'éternité. »
« Asmodée, nous départagera. » Sous la forme d'une hirondelle, elle se trouve agrippée au bout de son aile.
« Tu veux jouer aux plus forts ? Personne ne défie le roi, c'est la loi. »
« Que ta monstruosité n'est crainte. Je n'ai que faire de la cime des damnées. »
Un silence perdure. Les insectes fils de la peste, le brise.
Asmodée, ne prend pas le risque de s'approcher. Elle est la princesse des jeux. « Nous jouerons aux cartes. »
« Aux cartes ? » Mon rire se fait si intense, que la tour vacille de délire.

Elle reprend. « Oui. Voici le contexte : un valet de carreau, une reine de trèfle, un roi de coeur et un As de pique, je les tremperai moi-même dans l'océan de sang de ton regrettable... » La démone se retient de jouir l'ironie. « ...ex-ami. »
Si Lucifer n'était pas là, à jouer les protecteurs. J'aurai déjà déplumée cette garce qui ose pointer SES règles, A MOI, le seigneur et empereur.
« Elles seront mélangé dans un paquet complet. Chacun à son tour piochera une carte, sans la montrer. Le premier qui en a deux, remporte le défi. »
« Stupide. »
La bouche de l'archange déchu craque à nouveau « Trop tard, Belzébuth... Il n y a plus d’espoir. »

*

Après avoir recueilli l’essence pourpre du moine dans un récipient. Asmodée trempe le valet au bol condamné. Lucifer, d'un souffle féerique mélange le paquet.
« A toi de commencer. Seigneur des insectes. » Expire le banni.
Je pioche une carte. Puis, sans la regarder, je la repose. J'en saisis une autre et échappe un rictus. « Tu as déjà perdu, le Traître. Bientôt je t'enverrai dans les recoins les plus sales et les plus infects qui soient. »
Ne pouvant avancer, Lucifer pointe une carte du doigt. Asmodée lui apporte. Il ne dit rien.
Elle passe la reine et le roi sous le sang. A la quantité de papier, elles sont mélangées.
Je tire, rien, je retire, toujours rien.
Le déchut fixe la première du tas. Il la récupère.
Asmodée plonge, l'ultime est l’As. « C’est ici que ce se joueront la destiné des damnés. »
Je m'excite à l'idée d'avoir une seconde de sang. Infectes, mes ailes battent de toutes leurs haines. Je pioche à répétition, sans rien avoir.
Asmodée apporte le paquet au premier du Dieu.

Silence.
Je ne comprends pas.
Quelques choses me pique.
Comme un gel des bois,
A ses déchets de tics.

Mes griffes saisissent le paquet. De peur, Asmodée s'envole derrière son ami.
Mélange d’excitation et de colère. Je les regarde. Une par une, je les brûle.
« Il n y en a aucune ! Tu as triché ! »
Lucifer jette les trois cartes gelées, à la vie trempée. Ses chaînes deviennent miettes. « Tu devrais savoir que Dieu ne joue pas aux dès… » A sa bouche raisonne lourde mille et un craquement. Une épée dorée, comme à un tapis de mélodie, en ressort. La lumière du banni m’aveugle. « …il a trop peur de perdre. »
Je recule du mieux que je peux. « Tu avais dis que... tu n'en avais rien à faire de ma légion... »
« Le Haut ne pouvant être renversé, c’est du bas que se mélangera un nouveau Chaos. »
Par milliers mes fils viennent piquer Lucifer, qui tous au contact de sa peau, tombent. A chaque un de ses pas, retentissent le froid.
La chambre est maculée par la peur, ma frayeur. « Banal démon... » De sa claymore d'or, il me transperce jusqu'à avaler mon corps.
Raisonne dans le palais, le mot « Enfin... »

Comme à un corridor, les flammes deviennent blanches. De glace se répandent les légions. Voici venu l'heure de l'oppression. Le vrai roi, est là. Celui de la destruction.


Fin.


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I Make to the Devil Cry



Auteur : Gabriel
Genre : Domaine étranger


Mes mondes s’effondrent, et forme un océan de tombes. J'autodétruits, je casse et fracasse la masse. Ce tas perfide, cette chair invisible. A la salle de bain, nu, j’emporte un couteau, et à travers la glace, je frotte légèrement la lame à mon cou. Je place le manche entre mes dents. Le corps maigre, le visage rasé et les cheveux à demi longs, je me trouve beau. J’éprouve du plaisir à détruire cette beauté, et à la rendre décadente. « Quelle déchéance. » J’allume la radio. Elle passe I Make to the Devil Cry. J’ai jeté par la fenêtre ce qui me servait de réveil. Cela fait longtemps que je n’en ai plus besoin, je ne dors plus et vagabonde de crises en crises. Je crache le couteau, et je crois que je me suis coupé le bas des lèvres. J’ouvre plusieurs tubes, de Valium, de Xanax, de Seroplex, d’Atarax, et d’Opium. J’avale les pilules, par trois, puis par deux. Quelques gorgées de Jack Daniel’s m’aide à faire passer le tout. Je tousse, laisse échapper un trait de bave, me regarde, et reprend une gorgée.

Je porte un jean troué de partout à force de tomber ivre mort. Une chemise Yves Saint Laurent, le haut déboutonné et remplacé par une fine écharpe magenta. Je l’imbibe de Kenzo. Mon Walkman m’envoie C[osa] N[ostra] K[lub]. J’allume une Davidoff light. Je me dirige vers un tiroir fermé à clef, en retire un magnum, et vide la roulette. Je dépose les balles sur le bureau, en saisis une du bout des doigts, la fixe et l’insère dans la roulette. « Tu joues avec moi, Yuri ? » Je colle le canon à ma bouche, appuie sur la détente, rien à part un léger courant d’air. Frustré, rapidement, j’emporte mon Loden, cache le magnum dans l'une de mes longues poches.

Au supermarché, je meurs tranquillement au rayon alcool. Je bouscule le mec de la sécurité, lui assurant ne pas l'avoir vu. Les caisses sont toutes pleines. L’agressivité monte en moi. Je me vois, en train de m’exploser la mâchoire au milieu de ce cirque. Les abcès des autres me font crever. La caissière est jolie, de longs cheveux blonds, et une paire de seins parfaitement rebondis. Elle me demande mon âge, je fais jeune, je n’ai en réalité que 23 ans, je lui affirme en avoir 32. Elle doute, et je sors ma carte platine pour payer.

Sur le chemin du retour, j’avale un Xanax. Une voiture de gendarmes s’arrête et lorsque je les regarde, je m’aperçois que eux aussi. Après quelques distances, il y a ce chiot. Personne à l’horizon. J’ouvre une bière Amsterdam, en boit plusieurs gorgées et en renverse un peu sur le bord de la route. L’animal lèche le liquide. Je bois à nouveau et vide le reste sur le canidé qui se tortille. Je le saisis et fait mine de le frapper. Après plusieurs tentatives d’intimidation, je l’emmène chez moi. Je l’enferme dans une pièce. Il gratte à la porte, ce que je trouve amusant. J’allume un join, et je suis complètement défoncé. A la Télévision, ils font un reportage sur les tueurs en série. Les analyses m’agacent, je change de chaîne.

Je me réveille, à terre, sans trop savoir pourquoi, et une sensation de bien-être me gagne. Quelques larmes viennent frotter mes joues. Je me sers un verre de Vodka. Reprend mon traitement en sur dosant les doses prescrites, rallume le join, et prend conscience que ce putain d’animal est toujours enfermé chez moi. Je monte voir comment il va, il dort. Je lui souffle lentement la fumée dans sa petite gueule. il s’éveille et recule. Je le saisis par la gorge et réitère l’opération. Il tousse, asthmatique. Je l’emmène à mon minibar, saisis une bouteille et lui claque le Calvados à la figure, il tombe, remue, et je n’arrive pas à distinguer à travers le sang si ses yeux sont crevés, je suppose que oui. Je le prend en photo, le saisie par la queue, l’enferme dans un sac poubelle, descend de mon appartement et le jette à côté des ordures.

Ma montre indique 3h13, tout est sombre, il fait beaucoup de vent. Le son de mon Walkman est au maximum. Elle devient folle de cette vie endommagée comme un appât dans le parc. Une louve femelle avec un couteau sanglant descendant dans l'obscurité. Comment faire un monstre bébé, comment le faire. Allez allez Zombie, allez allez ouais, ouais, ouais. Des racines en enfer et le temps dira si ton bébé est fou. Un enfant marié avec des yeux sanglants et Satan dans le cerveau.
Une cathédrale, et je m’arrête. L’architecture est aussi magnifique que le froid qui berce les cercueils. J’allume une cigarette, et il y a cette femme, à l’arrière de cette voiture, les cheveux brun, l’air vieillot, la main sur la bouche. Je penche la tête et fredonne « Nous tombons. La nuit appelant. Les cris à l'intérieur de moi. Me calmant. »
Je pose le magnum à la vitre ainsi que l’un de mes doigts à mon cou que je bouge verticalement. Elle hurle. « Je vais vous dire, maintenant, je suis le seul à survivre. Vous ne briserez jamais ma foi ou mon pas. Je vous ferai vous étrangler avec votre propre décès. Je fais crier l'ange, et pleurer le diable. » La détente, un déclic, la roulette tourne, rien. Je lui fais un peace.

De retour chez moi. J’allume plusieurs encens, au bois d’olivier. Je vais chercher un kimono dans ma garde robe, installe le C.D. Welbeing à ma chaîne Hifi, absorbe un peu d’opium et me met en position du lotus sur un tapis peu confortable. Les yeux fermés, je cherche une caverne, une lumière mais je ne vois rien, juste une masse morte dans un néant complet. Agacé, je me lève, ouvre une bouteille de scotch et avale deux valiums. Et j’en viens à regretter le petit chiot. Je ne me suis pas assez amusé avec, j’aurai dû lui découper les oreilles, couper sa langue au rasoir, casser ses petites pattes et le jeter dans une poêle. A cette simple pensée je me surprends à avoir une érection. De mon étagère, je retire une revue porno portée sur des lesbiennes sadomasochiste, je le feuillette et m’arrête sur un poster en double pages avec pour titre « Garce des près se fait fouetter. ». Il y a cette jeune asiatique auquel je doute sur sa majorité, les bras ligoté, une seringue entre les fesses, pendant qu’une femme noire, assez mince lui tâtes les seins avec une baguette de fer. J’ouvre un tube de lubrifiant, en glisse sur mes doigts, pour faire quelques va et vient avec mon sexe.
Je commence à débander, frustré, je jette la revue contre un tableau posé au dessus de ma T.V. Nu, je me dirige là où je range mes DVD à l’aspect vierge mais pas au contenu. Au hasard, j’en prend un et l’insère à l’intérieur de mon lecteur, saisis la télécommande et le met en route. Une jeune fille, deux garçons visiblement défoncés commencent à la pousser, puis à la serrer, ils lui arrachent son T-shirt, elle se débat, l’un d’eux lui plaque le visage au grillage, ce qui m’excite. Il n’y a pas de sons, alors je suppose qu’elle implore de la pitié. Je m’astique toujours. Les trois Xanax, et le scotch me font abandonner. Je laisse tourner le snuff movie, ouvre une nouvelle bouteille de Vodka, en prends quelques gorgées, tousse, et sort le magnum de ma veste. De retour à mon lit, j’enlève la sécurité, et le pose sur ma poitrine, le doigt sur la détente. Mes yeux se ferment.

Il y’a ce rat, ce putain de rongeur affamé qui me gratte les intestins, et avec ses petites griffes monte tel un cocaïné. Cet enfoiré joue avec le reptile, celui qui traîne dans les bas fonds de ma cervelle décomposée. Elle traîne et déguste les entrailles de mon enfer. Des vers, ces petites bêtes qui jouissent dans mon estomac sur un fond de l’hymne à la joie. Enfin, Une multitude de cadavres avancent lentement, des hommes à la démarche de pédales, les yeux extirpés, le sexe coupé, le cou brisé. Et il y’a ces femmes, la tête tranché, qui court vers moi. Je tombe dans un abîme. Elles s’approchent, leurs sangs empoisonnent mes lèvres. Certaines ont les doigts déformés, avec lesquelles elles m’étranglent. D’autres enfoncent leurs os dans ma chair. Un des hommes approche avec lenteur, son semblant de bouche, berce mon oreille, il murmure « Tu veux jouer avec moi ? »

Un sursaut, et je me réveille. Je n’arrive pas à basculer, les yeux encore clos, je ressens comme un poids. J’ouvre légèrement les yeux, ma vue troublée, je cherche le magnum, sans succès. Un métal froid se pose à mon lobe frontal, le gel me procure un certain bien-être. Un déclic se fait entendre. Je reprends peu à peu mes esprits. Je vois son con qui a déjà pénétré mon sexe. « Sophia ? » Sophia, ma compagne officiel, cheveux long et teinté de rouge, un anneau borde ses lèvres. Nue, elle pointe l’arme à mon front. « Que fais tu ? »
« Yuri, tu es un mauvais joueur.» Sa voix, douce, perturbe mon soi. Elle appuie sur la détente, une pression d’air, propulse légèrement ma tête en arrière, mais aucune balle n’en sort. Elle pose le revolver près de ma lampe en souriant. Elle doit penser qu’il n’est pas chargé. Nous faisons l’amour, je regarde mon sexe disparaître dans le sien, comme si elle l’absorbait. Je n’arrive pas à jouir, alors je pense à une fillette de 8 ans, dans les toilettes. Je fais tomber sa minijupe et la pénètre par sa culotte, Je m’excite de plus en plus, j’accélère mes va et vient. Sophia me griffe le dos, elle jouit, pas moi. Je l’embrasse. Elle s’endort. J’essaye de fermer les yeux, mais n’y arrive pas, j’attends une heure, me détache légèrement, attrape le magnum. Lui renverse un pot d’eau froide sur sa chair fébrile. Elle se réveille en haletante. Je pointe l’arme à sa tempe, elle sourit. Je dis « Prends ce flingue, tire et recommence. » Un déclic, et sa cervelle explose, ce qui a pour effet de salir mon mur, laissant une trace de la balle, ce que je commence à regretter.


Sous la brume, tendre et froide, j’avance. Un paquet de cigarette, c’est la dernière, je l’allume au Zippo Je continue aveuglément ma route, et bute contre une pierre, une tombe, un cimetière ? La Davidoff s’est brisé. A travers le froid et le gel, je frotte la pierre tombale. Quelques lettres dorées se montrent, je frotte encore. Yuri Adamovitch – 1960/1993 Mais on est en 2010 bordel. Paniqué, je me redresse et cours de toutes mes forces à mon appartement. Tout est en ruine, il y a cet épicier, qui ne m’aperçoit pas. J’essaye de saisir une bouteille de Jack’, sans succès. J’ai peur de comprendre…
Je me rends de nouveau à mon « ancien » appartement, voit une page du journal le monde à mon nom Yuri Adamovitch, ancien Golden Boy, coupable d’une vingtaine de meurtre, la police en suspecte plus de 50. N’étant pas déclaré fou, il fut incarcéré et s’est donné la mort en avalant une multitude d’aiguilles par la glotte, avant de s’enfoncer par le larynx, le bout d'une seringue. Sans lire la suite, je m’effondre...

La nuit passée, je relève la tête, le visage couvert de sang.
« Mon ami, jamais tu ne décéderas. »
J’esquisse un sourire.



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Une plume apeurée au service des damnées.



Par la chaleur, le décor est flou. Certains arbres lointains me rappellent qu’une guerre n’a pas de sens, nous sommes nés pour la paix, et non pour s’exterminer. Je rêve d’harmonie et ainsi pouvoir librement abonder de pays en pays, sans crainte.
A l’horizon, une masse informe, les Sarrasins, affamés de bas instincts. En ligne et bien rangé, j’observe mon « camp », enfants de haine, par leurs affreuses obscénités et illuminés d’une foi inexistante. « Dieu nous a crées pour s’entretuer. » Je murmure. Je porte un casque à peine forgé, il cache mes longs cheveux blonds. Une cotte de mailles me serre la poitrine, j’étouffe. Celle-ci est recouverte d'un long tabard « La croix Sainte. Eve, tu n’y crois pas, pourquoi vas-tu à ces abats ? » C’est la voix qui parle.
A l’avant, le capitaine porte un léger manteau de fourrure qui couvre ses épaules musclées. Aux troupes il claque sa claymore aux glaives des guerriers, il prie le Christ et gronde « Car c’est pour lui que nous combattons les infidèles ! » Il exhorte à la charge, les cavaliers les fouettent, les chevaux halètent, ils partent à leurs pertes. J’ai mal au crâne, alors de ma sacoche, j'en retire une vieille fiole de sorcière à l’aspect verdâtre, je la bois en plusieurs fois, c’est visqueux. La gorge me gratte et je crache. J’essuie les quelques gouttes suspendues à mes lèvres gercées.
Une pluie de sang et d’agonies a déjà souillé le recoin de paradis. « Écervelés » pensai-je. Armé d’une épée et d’un bouclier, prête à une mort violente. Je fonce dans le tas sans savoir qui est qui, je ne vois que des squelettes infernaux qui s’étripent et s’extirpent. Une tache pourpre salit mon visage fébrile. A coups de bouclier, je tombe assommé, je bave et observe le soleil qui luit, les rayons, par centaines viennent éclairer un visage aux multiples hématomes. D’un second coup, je vomis et tombe dans les limbes de mes désirs oubliés.

Une langue rougeâtre s’immisce entre la bave pour pénétrer ma gorge abîmée, elle m’étouffe.
EVE – Je lui chante « Qui es-tu, toi qui sembles meurtrière ? »
Silence.
UNE INCONNUE – « Je suis celle qui fait office aux âmes damnées. »
Silence.
EVE – « Laisse moi franchir ces murs à l'aspect gelés, car c’est ici que je compte tomber. »

Un sursaut, et je m’éveille, ma tête tourne. J’essuie à plusieurs reprises mes yeux qui ont été éclaboussés par le fluide sanguinaire des victimes. Devant moi, une montagne de cadavres qui ne fait qu’augmenter.
Et c’est en un instant que je ressens une lame me découper le larynx, l’effluve de sang qui en ressort abîme la hache de celui qui a choisit, à être mon bourreau. Ma tête roule et en l’espace de quinze secondes, je pleure. La guerre est finie, en tout cas pour moi.



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L'Hymne d'un Geste 
Auteur : Gabriel
Genre : Romance




Le désespoir est le seul remède à celui qui veut revivre l’espoir.


Le reflet du miroir est troublé par la brume. Je frotte la glace, et multiplie les soupirs. Personne. Un infime rayon caresse la neige et perturbe ma dictature chaotique. A côté, une masse abandonnée qui la domine et l’entoure. Craintif, j’approche de la chaleur naturelle, et en un bref instant, mes sens s’agitent comme si ils avaient oubliés l’effet d’un endroit ensoleillé. Le corps sensible, les yeux rouges, je savoure un instant quasi-unique. Mes larmes souillent le recoin de paradis. Tels des tambours de haines et reliés à des chaînes, je participe à l’hymne des enfers. Violoniste du chaos, notes muettes mais aux frappes gigantesques. Je quitte mon double, celui avec qui, rassuré, en position du fœtus, je dormais mains serrées. L’encens est parfumé aux déchets, les chants aux moraux perturbés. Un geste, une seconde. Mes lèvres gercées immergent d’un gel aux chênes tombés. Canon à la bouche. Un déclic provoquant la réaction en chaîne du pistolet, avec pour seule balle, une douleur mentale. Pendant que le tir parcourt son trajet. Je subis dans un océan d’agonie, la fuite. Confronté au gouffre infernal qui me poursuit. La cervelle éclate et se renouvelle.


***




Cheveux noirs, croix inversé, cigarette et mauvaise destinée, il faut avancer. Ruelle abandonnée, torturée par la solitude. Je suis le chef du groupe de ceux qui, malades de la société, avancent au culte des damnées. Cela fait maintenant trois ans. A l'époque. L. n'était pas un toxicomane au point où il n'avait même encore jamais touché au tabac. Marginaux et sous ecstasy, c'est en l'espace de sept minuscules heures que nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. Notre premier baiser, sincère et drogué.
L'abime nous regarde. La majorité est composé de cons, du moins, nous le pensions.
Les années ont passées et L. s'est oublié, il est encore sous acide, cheveux longs, et mal coiffé, piercing à la langue. Il ne sortait jamais sans sa veste militaire. Comme nous, il était perdu dans un monde de mal-aimés. « Où allons nous, armés de ces clous et bourrins, allons nous profaner ces pauvres gens ? Il y a de ces cigares qui se consument sans qu’on les allumes. Nous sommes hais des anges incarnés. » Il bafouille.
Après avoir caressé sa chevelure, longue et grasse, j’approche mes lèvres gercées à son oreille et je murmure d’un ton si bas que je ne m’entends pas « Amoureux de l’espoir, tu ériges mon désespoir. » Il n’était pas méchant, juste désordonné.


Passé la porte. Aux coups de minuit, nous franchissons les hautes murailles d’une église abandonnée. Gargouilles et divine comédie. Endroit infernal et lugubre, je suis pris de nausées. Les bancs regorgeaient de cadavres invisibles... Le Christ nous y attendait. Vieille homme, est-ce là notre divinité ? Égoïste, il nous rappelle son sacrifice. Après l’avoir regardé avec mépris et compassion, je me dirige au presbytère.
L. était resté face à lui, il rêvait de le décrocher. « Que faisons nous là ? Pourquoi le haïssons nous ?»
Je soupire. « Il nous faut quelqu’un à haïr, viens et aide moi. » Je ferme les yeux. « Plus vite. »


J’en retire une fillette pré-adolescente, inconsciente, et droguée pour l’étaler au parquet gelé. Ses cheveux étaient de couleurs platine, un cou fin et des seins inexistants. Après lui avoir offert un Coca/G.H.B. Nous l’avons, à une fête, kidnappé. Ses copines voulaient de l'herbe, c'était commentsonnomdéjà ?
Sur le front, je l'embrasse et d’un scalpel si aiguisé lui lacère le poignet. Un léger trait rouge s’en échappe. Elle ne bouge pas. Je ne suis qu’un cadavre qui meurt pour exécuter. L., pour la violer, lui écarte les cuisses et après l'en avoir empêché, j'ordonne « Décroche moi ce putain de juif. » Il s’exécute, et tombe avec. Je l’aide à se relever. « Tu as les clous ? » J’ai mal au crâne.
« Pourquoi ? » Ses pupilles se dilatent.
« Tu as ces putains de clous ? »
« Oui. »
La main tendue, il attend, j’insiste, il me les tends. « Par les pieds, je m’occupe des mains. » Tremblotant, il ne tient pas debout. L’œuvre demande plusieurs essais.


A la croix maintenant désoccupée, j'enfonce au burin, le clou à l'index de la demoiselle de peine, et réitère l’opération au majeur, écrasant le pouce par mégarde. Elle ouvre légèrement les yeux. La voilà crucifié.
L. me passe un rhum Old Nick. Je prends une, puis trois gorgées. Je me pose à côté d'elle, et lui claque la bouteille au visage. « Prends moi en photo. » Le résultat est flou. J’embrasse L., nous mélangeons nos langues.
Le bidon en main, je le renverse aux bancs, au parquet troué, et à nos corps morts. Pris de froid, j'allume et dépose le Zippo.




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Pour : A.



Enfant des Insanités


Auteur :
Gabriel

Genre : Romance


Enfant d’Eve, tu es vile, car dans un cosmos complet et de masse morte.
Las de n’avoir pour amour acide et ecstasy, tu poses de tes doigts de fée ce cœur abandonné à mon corps désincarné. Nymphe aux contes fantasmés, tes nobles arômes transpercent mon âme au point où l’urbanisation révolutionnaire et religieuse, je caresse seins et bassin. Je suis ton Être. Cheveux corbeaux, je suis l’homme qui te délecte.


Muse et ciel pur, ton regard se plonge dans un abîme amoureux, au puits où l’éternité n’est vouée qu’à échanger non-sens et baisers. Affalés au mur à déchets, c’est à ton cou qui, à mes coups affamés, va te dévorer. Maîtresse aux champs paradisiaques. A ces fleurs, blotties, je suis ton envie. Doigts mélangés, nous voilà au seuil du paradis, entre roses et tombes. Au sentier du désespoir, je suis le primitif du noir. Baisers pourpres, sangs et chaînes emmêlées, à nous mélanger, nous voilà meurtriers. Couteau et Prince des léthargies, nous t’écrasons à coups de cadavres bien-aimés.Vide et tentant, il nous est impuissant. Liés, nous ne pouvons pas tomber.


Au portail des lunes incomplètes, la pluie éclate.
Mamie de nuit; Enfant des insanités, je suis l'esclave de ta beauté.
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Substance Lunaire
Auteur : Gabriel
Résumé : Piraterie et LysergeSäureDiethylamid


Journal de bord
02 Juin 1372 ; année bissextile; journée des morts;
Sont les baisers des Dieux amoureux lorsque les vagues halètent, et se frottent à la coque. Gémissements  et coups de reins couplent le bois piteux. Le bruit, une viande de basse qualité pour les honnêtes adeptes de Sa Majesté. « Gueux ! » Mais un bijou pour les futurs chavirés.
Sans contrôle, ma vue se focalise sur la nymphe des brumes. Avec soin et attention, elle luit de sa vie. Affalée à une montagne de soie, volée. La nymphe joue de sa chair et dans une pluie de mots, elle murmure. « C.A… »
Bouche et lèvres sensuelles, je ne parviens pas à distinguer les mots d’Eve.
« R.E.S.S.E… »
Je n’aime pas les femmes. Vodka et Rhum, mes amours voyageurs. Ses sens m’enivrent.
« M.O.I. »
Avec force, et à la cabine, j’ouvre l’armoire en parfait état. Elle n’est pas à moi, la tête du propriétaire gouverne toujours le haut du meuble à spiritueux. Pour le crâne, on y avait extirpé les yeux. Dans une orbite, un long couteau. Une bougie parfumée, dans l’autre. Le vieil homme voulait rétorquer sa philosophie, « Il faut savoir connaître son soi intérieur. » Alors, au couteau, je l’ai découpé. En cinq jours, les estomacs affamés furent rassasiés. Bien cuit, le goût du vieux ne devenait plus gélatineux. Les matelots, à leurs heures perdues se divertissaient sur le bassin fracassé de la garçonne.
« Obèses Bourgeois. » Je crache.
Une lampée, et je crie. « La vie de mon ennemi à la pointe de mon sabre! »
« Tu délires. » rétorque ma muse.
A l’époque où je l’ai rencontrée, Jeanne baisait les trottoirs. Saoul et excité, je l’aurais violée si je ne m’étais pas aperçu qu’elle dépasserait mon plaisir. Elle est dorénavant reine de mes fantasmes.
D’un « Capitaine… » Elle me lacère.
Ivres, nous escaladons le pont. Les lampes balancent entre elles et donnent vie à un mélange de couleurs fantasmagoriques. Les guerriers dansent, chantent et boivent. Tout ce qui pouvait servir de support était envahi de plateaux d’argent. Toutes sortes de viandes y reposaient : pattes et têtes de loups, parfois de chevreuils.


Je ne suis qu’un enfant gelé dans les sentiers abandonnés, avec pour cimetière de hauts portails à l’épaisseur des âmes damnées. Métallisés, ils m’empêchent de voir plus loin. La neige tombe. Le tourbillon m’emporte et m’absorbe dans un élan de pluie.


« Capitaine… Capitaine… » Jeanne ?
« Viens par là, capitaine… » Guidé par la luxure, je la suis.


***


Les ruelles ne sont pas des endroits agréables. Affalé sur un mur à la texture granuleuse. Je suis le Dieu sans force. Je meurs pour tuer. Je suis celui qui donne vie aux océans de sang. L’avenir est vide, pour moi et pour ceux qui partageront mes pas. Junkie ou Prince du mal, pas de différence. De ma poche, une pochette, du plastique, un tissu, et après l’avoir étalé à ma langue, j’ouvre les portes à mon enfer.


Dans le presbytère, je saisis et allume une bougie. Le Christ me regarde. Sous une pluie de chaos, sa cire fond, laissant place à un cosmos de chair pourrie et je me demande pourquoi ne pas lui rajouter un pique à glace au milieu des yeux.
Au Hall, j’esquive les sentiers gelés, les chaises sont prêtes à tomber. Après m’être installé avec bruit, je fais connaissance. Femme à l’aspect cadavérique, le visage creusé, les yeux cernés, une robe vermillon délavé, au sentier du désespoir. Nous discutons. Mes doigts lui glissent sous la jupe, et faufilent les extrémités de sa culotte, à motifs dentelés. Après l’avoir reniflé, je la dépose sur ma bougie, celle des Hommes désespérés.
« Jeanne, c’est ça ? »
« Et toi ? »
Baise à la main « Je suis l’homme du cauchemar, ton fluide sera ma nouvelle marre. »
« J’aime aussi les messes, Jack.»
« Je donne aux enfants l’abîme, je crie les rasoirs de la mélancolie.»


Prend fin la messe, nous prenons un café. Usurpateur, Le service est déguelasse, et le serveur ne portait pas de cravate, et si il en avait une, je l’aurai étranglé. Quinze minutes s’écoulent ; et nous faisons une halte à l’épicier. Pakistanais au langage de singe. Pour une bouteille de Jack Daniel’s, je dépose un billet de cinquante. Après plusieurs gorgées, nous nous arrêtons chez moi, au quai Voltaire. L’endroit est propre. Une grande toile décorée de croix gamées sépare la salle de la chambre. Je pose deux coupes.
Nue sous mes draps, elle prétexte « Faisons cela tout de suite. ».
« Débarrassons le pont, préparons les canons. » Sèches, mes lèvres mélangent le parfum de sa nuque. « Tenez la mitraille prête, et ensuite apportez moi. » Mes doigts, par deux, lui pénètrent la gorge, elle étouffe, je les retire, elle crache. Je joue avec ses seins, dans l’espoir de les écraser « Si la mer nous est interdite nous passerons par les airs. »
Par chirurgie, son visage subit le coup de mes griffes, elle est plus jolie.
« Il y a là des châles dignes du cou immaculé des sultanes » Une pince à la main, je la referme à sa vulve, et tourne. Une odeur nauséabonde émane du sang, je m’en délecte. Mon travail au marteau finit, elle prend une forme difforme.
Tricorne, pipe et cognac. Je la recouvre d’un cadre.


Le capitaine est un artiste.
 Fin.
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Métamorphose Lunaire
Auteur : Gabriel
Résumé : Dystopie

Je suis votre maîtresse, lorsque dans mes yeux se reflète la splendeur de vos courbes. Vous m’en laissez rêveuse et je vous aime. Comme parfois demi, les cycles crient, et nos sanctuaires se bouleversent. Mon cœur, à ses mœurs cognent l’angoisse, au point où les battements contre ma peau morbide se forment en d’infimes couches étouffantes. Lumineuse et rayonnante, comme parfois entière. Tes surplus célestes laissent places au vieux tronc. Un coup de tonnerre couplé aux gouttes répétées alimentent l’intensité. Poseuses, ses filles palpitent au clair de lune. Ô chêne, magnifique chêne ! Je suis votre ramure. Jamais, vous n’avez osé me pointer de l’immonde doigt moralisateur du jugement dernier. Vos airs de géants ont bercé, protégé et aimé ma chair de nouveau-né.


Mon âge a avancé, mes seins ont poussé, et ma fleur s’est éclipsée pour rejoindre le puits sans fin des petites catins. Les ténèbres sont garnies de lampadaires à la poudre de soubrettes. Avant que les fourmis de la réalité ne me ramènent qu’à mon être de pitié, cette nuit, sous acide, ecstasy, il y avait moi et ton bois. La corde des damnées décore ma gorge abîmée, maintes fois violée. Accrochée à l’un de tes bras, je sais que tu ne m’en voudras pas. Je m’élance, poussée par une obligation désespérée. Le vent, majestueux et providentiel soufflait dans les feuilles, pendant nos danses amoureuses. Avec douceur, l’herbe frotte le bout de mes 
pieds. Le cou enlacé, la chair égratigné, la faucheuse approche, mon asphyxie aussi.


Mes poumons explosent. A la suite d’une dernière vision gonflée, je sais que toi et moi… nous serons pour l’éternité, intimement liés, dans cette infinité cosmique et temporel.

 Fin.
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Le Serment Malade

Auteur : Gabriel
Résumé : Hommage


Avec tes amies, c’est sur mes sentiers que tu as décidé de te reposer. Larmes célestes et Océan de pluie, tu berces le paysage de ta vie. Le bruit des ténèbres fait remuer la Terre, emportant avec lui mon univers.
« La demeure tremble, Les éclairs s’abattent et surpassent mes aboiements. » C’est l’animal qui grogne.
Je lève les yeux vers la Foudre et je dis « Sombres sont les desseins de la nuit. A votre grâce, mes iris resplendissent, des Cieux vous allez dans les recoins oubliés, là où on ne vous a pas invités. Mais êtes vous aussi dangereuse que preuse ? »


Là où vont ceux qui meurent, dans un bref supplice se mélangent cauchemar et fureur. Au cimetière et dans un grondement de milles cors, le vieux chêne, branches enflammées, feuilles cendrées, tronc brisé, qui berçait autrefois les caveaux de l’éternité, n’était plus.


D’un ton hautain, Elle raisonne « Je suis ivre de folie et cela suffit à faire de l’arbre des morts, celui de l’agonie. »
Avec fascination et crainte, je répondis «Je vous en prie, me voilà votre muse, votre abîme amoureuse. Les ténèbres infernales ont besoin de clarté pour exister. C’est avec passion que je dresse sur l’étendu de ce plateau mon cœur tout chaud, avec pour met celui de vous aimer.»
Le ciel s’éclaircit alors le grondement disparaît et Elle me murmure ceci «L’éphémère de mon existence n’a d’égal que ma puissance. Je disparais aussi vite que j’apparais… Dans le pays des songes, sur ton oreiller et rassurée, je reviendrais perpétuellement te hanter…»
Grotesque chaleur qui me perfore les sens et embrume mon amoureuse.




Je ne suis qu’un cadavre lorsque rayonnent sur les routes désincarnées les fruits de ta constellation.

 La mélancolie.


Fin.
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Désirs Oubliés


Auteur : Gabriel
Résumé : Une jeune guerrière va tomber peu à peu dans un décor infernal, pesteux et oublié des Dieux.

Dans les méandres de l’anti-chambre, une armoire délabré. Les poignets usés sont frappés à coups de fines couches dorées. Un luxe minime et pitoyable qui fait ressortir de façon grotesque l’aspect cadavérique du meuble. J’étreins le manche de la porte avec douceur, pour ne pas l'abimer et une vague poussiéreuse et pelliculé me laisse échapper un hoquet. L’intérieur est obscurcit par la moisissure.

J’observe mon cauchemar par les vitres embrumées. Vide, mon âme flotte dans l’abîme glacial des fenêtres. Sur celles-ci, une femme arbore un plumage de corbeau jusqu'à ses épaules de chairs, pâles. Une Svastika décore le creux de ses seins, entouré d’un collier d’or. A la teinte des ténèbres et de cuir, une veste lui voile torse et bras. Par nervosité, j’écrase la buée des glaces et une nouvelle image apparaît.
« Qui es-tu ? » Je forme, d’un ton si bas, que je ne m’entends même pas.
« Les méandres de ton apocalypse. » A cette réponse distincte, un frisson de crainte berce le fluide de mes veines. J’ouvre la fenêtre, et un nuage humide comble le vide de la pièce. Je penche la tête. Aux milieux des chênes appauvris par le gel dort sur le ventre, une fille d’Eve. Blonde et fugace, sa chevelure se noie au néant complet de sa robe en papier. Mon cœur s‘agite, sa beauté m’excite. Dans l’ombre surgit un énorme canidé qui de sa masse imposée danse autour du corps tombé.
« Hey ! » Je crie dans l’espoir de la réveiller. Daikyu, un arc exceptionnellement long et à la corde de bambou, je l’agrippe et le bande. L’horreur est à quinze mètres, je vise la gueule et lorsque je m’apprête à décocher, la demoiselle se relève avec fugacité. Le visage couvert par un masque sans expressions. Je la supplie de se baisser, sans succès.
Douce et mélancolique, elle murmure « Frêle, je suis sortie du tombeau pour piquer les cadavres déchus. Mon amour désespéré a plongé dans le ventre disgracieux de l’éternité. » Enchaînant plusieurs craquement, La dernière sonorité est celle de crocs acérés qui lui arrache sa beauté. Déchirée et pétrifiée, je sens l'effluve du sang me caresser.

Des murs grisés et rouillés tournent autour de ma tête gonflée, telle une valse ratée. Menottée au pied d’un lit, je gesticule et cogne le métal qui me retient. Capes noires, masques pointus, une série d’Hommes s’approchent. L’un me lèche le bras, l’autre de sa seringue injecte son poison au plus profond de moi. Et à nouveau, je retourne dans les limbes de mes désirs oubliés.